Printemps, la nature en fête !

Depuis le 20 mars, jour de l’équinoxe de printemps, nous nous éveillons à un nouveau cycle dans l’évolution de la vie ! Alors j’ai envie de faire un petit article champêtre pour célébrer le retour des couleurs et du soleil…
Tout simplement à mes yeux, le printemps c’est la nature en fête !

Printemps, la renaissance !

Le retour du soleil, le réveil de la nature, le festival de couleurs et émerveillement des sens !
Petit à petit, la nature reprend vie après la paisibilité de l’hiver.
L’émergence de verts flamboyants, rayons du soleil qui viennent nous réchauffer,
parfums subtils et légèrement enivrants !

Ah le printemps ma saison préférée 🙂

Voici une petite sélection de poèmes et autres ouvrages qui expriment le printemps, c’est la nature en fête !

Le printemps, la nature en fête !

O primavera, gioventù de l’anno,
Bella madre di flori
D’herbe novelle e di novelli amori…

Jean-Baptiste Guarini, extrait de la tragi-comédie Pastor fido (1590).
“Ô printemps, jeunesse de l’année / Jolie mère des fleurs /
Des nouvelles herbes et des nouvelles amours…”


Avril
Déjà les beaux jours, la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ;
Et rien de vert : à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grand arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie,
Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose ;
Comme une nymphe fraîche éclose,
Qui, souriante, sort de l’eau.

Gérard de Nerval, Odelettes, Petits Châteaux de Bohême, prose et poésie (1853)


source Pixabay
Sur le sable du rivage
A chaque trace de pas
Le printemps s’allonge.

Masaoka Shiki ( 1866-1909 )


Mars qui rit, malgré les averses,
prépare en secret le printemps

 

 Théophile Gautier (1811-1872), extrait Premier sourire du printemps

Sentier printanier
Il est un sentier creux dans la vallée étroite,
Qui ne sait trop s’il marche à gauche ou bien à droite.
C’est plaisir d’y passer, lorsque moi sur ses bords
Comme un jeune prodigue égrène ses trésors.
L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard d’azur,
Et le gai bouton-d’or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots.
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles.
À rendre riche en miel tout un peuple d’abeilles.

 

Théophile Gautier, Poésies

Île de Skye, Écosse – source Pixabay

 Printemps de Bretagne
Une aube de douceur s’éveille sur la lande :
Le printemps de Bretagne a fleuri les talus.
Les cloches de Ker-Is l’ont dit jusqu’en Islande
Aux pâles « En-Allés » qui ne reviendront plus.

Nous aussi qui vivons et qui mourrons loin d’elle,
Loin de la douce fée aux cheveux de genêt,
Que notre cœur au moins lui demeure fidèle :
Renaissons avec elle à l’heure où tout renaît.

Ô printemps de Bretagne, enchantement du monde !
Sourire virginal de la terre et des eaux !
C’est comme un miel épars dans la lumière blonde :
Viviane éveillée a repris ses fuseaux.

File, file l’argent des aubes aprilines !
File pour les landiers ta quenouille d’or fin !
De tes rubis. Charmeuse, habille les collines ;
Ne fais qu’une émeraude avec la mer sans fin.

C’est assez qu’un reflet pris à tes doigts de flamme,
Une lueur ravie à ton ciel enchanté,
Descende jusqu’à nous pour rattacher notre âme
A l’âme du pays qu’a fleuri ta beauté !

Charles Le Goffic (1863-1932), Le bois dormant (1900)


Printemps

Tout est lumière, tout est joie.
L’araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Les rondes dentelles d’argent.
La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l’étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.
La rose semble, rajeunie,
S’accoupler au bouton vermeil
L’oiseau chante plein d’harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.
Sous les bois, où tout bruit s’émousse,
Le faon craintif joue en rêvant :
Dans les verts écrins de la mousse,
Luit le scarabée, or vivant.
La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent;
Tendre, elle ouvre ses yeux d’opale
D’où la douceur du ciel descend !
Tout vit et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L’ombre qui fuit sur l’eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !
La plaine brille, heureuse et pure;
Le bois jase ; l’herbe fleurit.
– Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.
Victor Hugo

 

source Pixabay

Printemps
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo, Toute la lyre

Et comment clôturer cet article sur le printemps, la nature en fête sans mentionnant Hanami ! Une tradition ancestrale au Japon, qui consiste à regarder tomber les fleurs de sakura, autrement dit des cerisiers japonais.

Laisser un commentaire