Madagascar : voyage au cœur des contes

Manahona à vous toutes et tous 🙂

Aujourd’hui je vous propose de découvrir 3 contes malgaches que je trouve intéressant  😉

Contes : Ce qu’ils disent !

Les contes et légendes sont très présents dans la culture malgache tout d’abord parce qu’ils permettent de transmettre de nombreuses valeurs aux enfants et ensuite parce qu’ils peuvent se terminer par une morale. Et puis ce sont les grands-parents qui sont les principaux narrateurs dans ces transmissions.

En effet, cette tradition orale a aussi pour but de préserver la mémoire d’un peuple, lorsque l’accès à l’écriture est, parfois, difficile.

Tout d’abord :

Soyons moins bavards

  Source

Trop parler nuit : l’histoire de Ramanampeheloha va nous le prouver.

Un roi avait perdu sa chèvre. On connaît la chèvre, cet animal petit malin, aux yeux vifs, à la barbiche frisée, aux cornes recourbées, qui cherche, toujours, à envoyer de bons coups bien placés.

La chèvre du roi était donc perdue. On la chercha partout, on ne la trouva point.

« Ma bouche est pleine de poils de chèvre », dit Ramanampeheloha à un de ses amis. On colporta la nouvelle. La plaisanterie provoqua des soupçons. Le roi convoqua Ramanampeheloha.

— C’est toi qui as volé ma chèvre ? lui demanda le roi.

— Moi ?

— Oui.

Ramanampeheloha nia les faits. Le roi insista. Les devins, aussitôt mandés, arrivèrent. On leur exposa les faits. Ils conduisirent Ramanampeheloha au bord de l’eau, et tous les crocodiles des environs arrivèrent promptement. Spectacle des plus effroyables ! Imaginez mille deux cents crocodiles qui vous regardent de leurs deux mille quatre cents yeux, qui ouvrent devant vous mille deux cents bouches géantes, et qui attendent.

Les devins déclarèrent :

— Va dans l’eau, Ramanampeheloha ; si tu es innocent, tu peux être tranquille, les crocodiles ne te feront pas de mal.

Ramanampeheloha se mit à trembler. Qui n’aurait pas tremblé ?

— Je vais plutôt payer la chèvre du roi, dit-il.

Il paya la chèvre, avec neufs bœufs gros et gras.

Des années ont passé. Le roi est mort, les devins sont morts. On a, enfin, appris qui a volé la chèvre du roi. Ce n’était point Ramanampeheloha. Tant pis.

Quant à vous, paysans Tsimihety, retenez bien cette légende. Je sais que, quand vous revenez de vos travaux, vous aimez un peu trop les plaisanteries. Vous parlez politique, ménage, affaire. Chaque sujet vous est familier. Vous savez tout. Maintenant, attention ! Trop parler nuit !

Source : Contes et légendes de Madagascar, Rabearison.

Ensuite :

Le soleil, la lune et le coq.

Ces trois Êtres étaient, dit-on, des frères.

Ils habitaient au Ciel.

Le Soleil était l’aîné, la Lune était la cadette et le Coq le plus jeune.

Chaque jour, la Lune jouait avec le Coq et faisait semblant de le laisser tomber.

Cette petite distraction exaspérait le Soleil et il recommandait vainement à la Lune d’être prudente.

Un jour, la Lune tenant mal le Coq le lâcha et il tomba.

Le Soleil fut fort en colère et il se précipita sur la Lune.

La lutte dura pendant un jour et la Lune fut vaincue ; éperdue elle prit la fuite.

Le Soleil la poursuivit mais en vain.

Depuis ce jour ils ne cessent de courir l’un après l’autre sans jamais pouvoir s’atteindre.

Voilà pourquoi les coqs ne chantent pas la nuit mais seulement au lever du soleil,

« avy isoky », « mon aîné va venir », disent-ils.

Source

Et pour finir :

L’homme, les animaux et les oiseaux

Un jour Zanahary dit au couple humain, qui habitait le même ciel que lui :

« Laquelle des deux morts préférez-vous, celle du bananier ou celle de la lune. »

« Zanahary, dirent les deux époux effrayés, quelle est la mort du bananier ? Quelle est la mort de la lune, »

Lorsque le bananier meurt, il produit des rejetons qui le remplacent, tandis que la lune n’est remplacée par personne, mais revient elle-même à la vie.

Les deux époux désiraient vivement avoir des enfants ils préférèrent donc la mort du bananier.

Le Zanahary les fit descendre alors sur la terre, mais après leur avoir défendu d’emporter avec eux du riz.

Seulement ils profitèrent d’un moment où on ne les regardait pas, pour voler quelques
grains de riz. Ils en avaient fait manger aussi à leur coq.

Avec ce riz volé qu’ils enfouirent dans la terre, ils multiplièrent les grains.

Quand le Zanahary vit le riz mûr, il s’irrita contre eux et il envoya vers le champ d’innombrables oiseaux fody, mais les époux les éloignèrent en criant et en agitant des branches.

Il envoya ensuite les bœufs, puis les cochons, mais les époux réussirent à les enfermer
dans des fosses.

Ainsi, grâce à leur ruse, ils se procurèrent de la viande en plus du riz qu’ils avaient dérobé.

Voilà comment, dit-on, l’homme, les oiseaux et les animaux sont descendus sur la terre.

Source

J’espère que vous aurez apprécié ces petits contes 🙂

Veloma 😉   tsy ho ela (à bientôt)

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