L’ennemi de Sherlock Holmes – L’Ombre et la Lumière

Dans mon précédent post je vous parlais de la série Sherlock.
Dans les deux premières saisons, il doit faire face à son ennemi juré, James Moriarty. Non seulement Moriarty possède une intelligence du niveau de celle de notre héros, mais en plus il l’a met au service du crime organisé.
Mais saviez-vous que l’opposition de ces deux personnages répond à un concept de psychologie bien connu ?
Attention, spoil à l’horizon !

L’Ombre :

Sans rentrer dans des détails théoriques parfois un peu barbants, la notion de l’Ombre se rattache aux recherches d’un psychologue bien connu, Carl Gustav Jung.
Pour faire simple, il existe en chacun de nous une personnalité cachée. Elle est constituée de tout ce que, volontairement, on s’empêche constamment de faire et de dire. Jusqu’à ce que cela devienne automatique.
Il n’y a rien de sorcier là-dedans. On appelle ça l’éducation.

Vous voulez des exemples ?
Imaginez que vous êtes un enfant qui se met facilement en colère. Non pas que vous soyez un gamin qui fait ses comédies, mais plutôt parce que c’est là un trait de votre personnalité. Quand quelque chose ne vous convient pas, vous le faite savoir.
Combien d’éducateurs, autant parents qu’enseignants, plutôt que de prendre la peine de vous expliquer que savoir contrôler ses mots et ses actes est une importante responsabilité, préfèrerons vous inculquer à grand coup de réflexions et de punitions que, se mettre en colère, c’est mal.
Et bien vous pouvez être sûr que votre Ombre possède pour trait principale, cette fameuse colère que vous avez fini par vous refuser.

Imaginez maintenant que vous étiez un ou une adolescent(e) profondément sexuel et romantique. Pour vous l’amour est une préoccupation de premier ordre, et vous y pensez souvent et sans tabou, vous imaginant dans les bras de votre « prince charmant », ou trouvant celle qui sera pour vous une vraie reine.
Que pourrait-il se passer si vous tombez dans une famille où la religion est chose des plus importantes. Et je prends bien sûr dans mon exemple le cas de l’extrême. On vous apprendra que le sexe c’est mal, que même voir votre propre nudité est un péché, et que le simple fait de penser au sexe peut vous conduire en enfer.
Et bien vous pouvez être sûr que votre Ombre est très portée sur la chose.                     source : https://l-unite.ning.com

Quelle tristesse n’est-ce pas ?
La vie n’est-elle pas orage, tonnerre et éclaire ? La vie n’est-elle pas amour, reproduction et sexualité ?
Ah que c’est beau…
Oui mais la vie est aussi impitoyablement prédatrice. Parfois terriblement dure et cruelle. Entre la gazelle qui se fait mettre à mort par la lionne et l’abeille qui fait s’aimer les fleurs, ne vous y tromper pas c’est la même chanson. La même grande symphonie.

C’est pareil chez l’humain !
Bien sûr, s’il souhaite danser comme l’abeille, pas de soucis à l’horizon. Voilà un poète en herbe, un artiste en devenir, un romantique en puissance.
Mais s’il aime la traque et la chasse ? Si une partie de lui tend à danser comme le loup ? Vous imaginez que le problème est tout autre, et cela serait inacceptable d’une part de le laisser faire du mal, et invivable d’autre part pour ceux qui l’entoure.
Dans ce cas-là bien sûr, on emmènera petit loup ou petite louve faire quelques sports de combats, on lui fera lire des livres sur les comportements des animaux prédateurs etc… On potentialisera cette force qu’il ou elle a en lui !
Mais dans tous les cas, la traque et la mise à mort, ça restera compliqué va-t-on dire…
Cela sera donc une part importante de l’Ombre de cet enfant loup. Le besoin viscéral de se trouver une proie.
Imaginez le psychopathe si ce trait prenait jour à la lumière du conscient… !

Et Sherlock Homes dans tout ça ?

Et bien Sherlock Homes est un humain (fictif), et sa psychologie est un bon reflet de celle d’un humain (réel).
C’est un véritable génie qui met ses capacités au service de la police, et qui aide à arrêter les criminels. Seulement voilà, si Sherlock est si fort pour résoudre les crimes, c’est qu’il est véritablement admiratif de ceux qui les réalisent correctement.
Cela à un tel point qu’il effraie les autres policiers, et qu’ils se disent parfois qu’entre lui et les fous qui tuent pour le plaisir, la frontière est mince.
Et c’est d’ailleurs comme ça que Sherlock nous est présenté de la bouche d’une policière de Scotland Yard dans la saison 1.
Pour des raisons qui nous échappent, ou peut-être simplement parce que Sherlock possède une conscience à laquelle il répond sans réfléchir, il a choisi le côté du bien.
Son Ombre donc, du point de vue qui nous intéresse, sera toute tournée vers le mal, et fera tout ce dont Sherlock aurait été capable et qu’il se refuse de faire pour des questions d’ordre moral.
Et son Ombre donc, c’est James Moriarty !

Le spoil :

Avant de décrypter la fin de la saison 2 sous l’angle de la psychologie, il vous faut tout de même savoir que votre Ombre, qui est bien vivante, essayera parfois de se faire entendre. Et cela pourra générer quelques problèmes dans votre vie consciente.
Le meilleur exemple que j’ai à vous donner de ça, c’est justement ce qui se passe avec Moriarty.

Toute la saison 2 ou presque, Sherlock est la recherche de ce fameux ennemi juré. Le fait est que celui-ci, non seulement souhaite battre Sherlock, mais en plus, il fait en sorte de lui prendre tout ce qui lui est chère. Ses amis, sa réputation.
Il monte un plan machiavélique absolument parfait, qui se conclu par le fait que Sherlock, s’il veut sauver ceux qu’il aime, devra se jeter du haut du toit d’un hôpital.
Mais c’est à ce moment de dénouement final, alors qu’on croit que Sherlock est perdu, qu’il se passe un magistral retournement de situation.
Notre héros comprend quelque chose qui va tout changer. Il lui dit alors, en lui serrant la main : « Je suis toi, et tu es moi. Nous sommes pareils. »
Alors qu’il a maintenant battu Moriarty, qu’il a en plus percé le code secret qui lui permettra de sauver ses amis, son ennemi s’avouant vaincu se suicide presque dans ses bras, un pistolet dans la bouche.
Moriarty n’est plus, il retourne dans le monde caché et sombre duquel il était sortie. L’Ombre retourne à sa place, la paix étant faite avec la lumière.

L’Ombre, c’est exactement ça !
Elle viendra mettre le bazar dans la vie consciente qui l’a créé, jusqu’à ce que l’on accepte de la regarder en face et de la reconnaitre comme étant nous-même. À partir de ce moment-là, beaucoup de nos potentiels pourront être récupérés…
Mais là, on entre dans la psychanalyse et moi, ce n’est pas mon domaine ! 🙂

Sherlock et Morarty, les deux faces d’une même médaille !

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