Jean-Michel Basquiat, l’incroyable « graffiteur » !

Contemporain dites-vous ? Oui mais art contemporain. Aujourd’hui, allons à la rencontre d’un prodige : l’avant-gardiste Jean-Michel Basquiat, l’incroyable “graffiteur” !
Quand le graffiti rencontre l’art avec un grand A…

Jean-Michel Basquiat, en bref

J.-M. Basquiat (1960-1988) est un artiste peintre new-yorkais appartenant au mouvement néo-expressionnisme. 
Son œuvre avant-gardiste et pionnière joue un rôle majeur dans l’art contemporain et influencera grandement la mouvance underground.

Basquiat, pour le comprendre…

Avant d’aborder son œuvre, il est intéressant de connaître quelques éléments de sa vie. Dans les grandes lignes, sans vous narrez toute sa biographie que vous pouvez amplement trouver sur un tas de site.

  • Basquiat naît à New-York d’une mère d’origine portoricaine et d’un père haïtien.
  • Passionné de dessin et de lecture (il apprendra à lire à 4 ans), il parle également l’anglais, le français et l’espagnol.
  • À sept ans, il est victime d’un accident de voiture. Il subit une ablation de la rate. Pendant son hospitalisation, sa mère lui offrira un livre d’anatomie intitulé Henry Gray’s Anatomy of the Human Body, plus connu son le nom de Gray’s Anatomy (eh oui, la fameuse série du même nom s’est inspirée de cet ouvrage qui est un classique en matière d’anatomie).
    L’influence de ce livre marquera plus tard le début de la carrière de Basquiat et le guidera jusqu’à sa mort.
  • À 16 ans, il fugue de chez son père. Il vend des t-shirts et des cartes postales confectionnés par ses soins pour vivre. C’est à partir de ce moment-là qu’il commence à graffer avec ses amis Al Diaz et Shannon Dawson à Manhattan, non loin des galeries, jusqu’en 1980.
 Le petit collectif engagé signe ses graffitis sous le pseudonyme “SAMO©” (signifiant “Same odl chit“). En effet, ils investissent les murs de messages courts à la fois provocateurs, ironiques et poétiques. Ils se tissent une réputation à travers ces graffitis qui vont rapidement interpeller et se forger une réputation.

Basquiat et son oeuvre

“Je commence un tableau et je l’achève. Je ne pense pas à l’art pendant que je travaille, j’essaie de penser à la vie.” Basquiat

Le travail de Basquiat s’articule en trois axes ou périodes symbolisant l’évolution de son œuvre.

  • 1980-1982:

    période marquée par son obsession de la mort. Personnages ou silhouettes squelettiques et visages similaires à des masques illustrent ses toiles. En parallèle, sa peinture puise aussi son inspiration dans la rue (pauvreté, enfants, graffitis, voitures…)

  • 1982-1985:

    cette période intermédiaire s’articule autour de ces racines et son histoire. Particulièrement, Basquiat s’intéressera à son identité noire, aux personnages noirs historiques et contemporains ainsi qu’aux événements leurs correspondant.
 Ses supports évoluent, de la toile, il passe aux panneaux multiples et introduit la superposition des éléments, mêlant écritures et collages.

  • 1986-1988:

    son approche de la peinture change faisant toujours preuve d’innovation. Intégrant des éléments, des techniques et des styles jamais utilisés jusqu’à là. Cette période sera d’autant plus marquée par son emprise de la drogue telle que l’héroïne.

 

“Toute la force de Basquiat réside dans sa capacité à opérer une fusion entre les images absorbées dans la rue, les journaux, à la télévision, et le spiritualisme de son héritage haïtien pour mettre ces deux éléments au service d’une compréhension merveilleusement intuitive du langage de la peinture moderne.” Jeffrey Deitch

Une œuvre contestataire et révolutionnaire cassant les codes mis en place par la société. Spontané et authentique dans son expression, Basquiat n’échappe pas au mal être du monde dans lequel il évolue. Mais paradoxalement, il court après la célébrité.

“Depuis l’âge de dix-sept ans, je rêvais de devenir une star. Je songeais à tous mes héros, Charlie Parker, Jimi Hendrix… J’avais une image romantique de la célébrité.” Basquiat

Celui qu’on le surnommera “The radiant child” (l’enfant radieux) s’inscrit dans un positionnement ambigu. Dénonçant les maux de la société et remettant en cause le système, il excelle là où sa souffrance tire sa source.

Éprouvant ce sentiment d’être incompris, se sentant seul et isolé, il trouve un soutien dans son amitié avec Andy Warhol avec qui il collabora de 1984 à 1985.

À la rencontre de Basquiat

En attendant la rétrospective prévue pour octobre 2018 à la Fondation Vuitton, vous pouvez visionner ce documentaire diffusé sur Arte en février dernier. La vidéo est disponible jusqu’au 26 mars 2018.

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