Exposition : La pierre sacrée des Maori

Ce week-end, par un temps mi-ceci, mi-cela, je me suis rendue à l’exposition La Pierre Sacrée des Maori, au musée du Quai Branly. Partons à la rencontre d’une culture ancestrale sur les terres-îles d’Aotearoa, ainsi nommée la Nouvelle-Zélande. 

L’exposition, la pierre et les Maori !

L’exposition…

Une exposition qui se veut interactive !
Une grande surprise car dans 99% des cas, « on touche avec les yeux » c’est bien connu. Eh bien figurez-vous, qu’ici non ! Vous êtes invités à toucher, je dirais même à rentrer en contact avec ces fragments de pierre sacrée.

Bon, comme je suis longue à la détente, ce n’est qu’à la moitié de l’expo que j’ai compris que le public avait le droit de poser ces petites mains dessus. 
Voyant une dame caresser la pierre… Rooh mais que fait-elle ? Personne lui dit rien ?

Puis en y regardant de plus près, j’ai ajusté mes yeux et cassé mes codes pour voir ce symbole…
Héhé ! Bon bah c’est pas pour autant que je me suis prêtée au jeu… j’ai préféré m’abstenir et me régaler du regard.

… La pierre…

Mais quelle est donc cette pierre sacrée ?
Il s’agit de la pounamu ou jade de Nouvelle-Zélande.
D’un point de vue scientifique, le pounamu se rapporte à 3 catégories de pierre qui sont la néphrite, la bowénite et la serpentinite.

D’un point de vue maori le pounamu est classé en 4 variétés selon sa couleur, sa translucidité et ses marques.

  • Inanga (couleur pâle et souvent transparente)
  • Kahurangi (extrêmement translucide + teintes vert vif, c’est la variété la plus rare)
  • Kawakawa (variété la plus courante)
  • Tangiwai « l’eau des larmes » (clair comme du verre).

Ces catégories tiennent leurs noms des mondes animal et végétal (poisson d’eau douce, clarté du ciel et feuilles des arbres) ainsi que du dieu Kama-ki-te-rangi et ses larmes.

variété pounamu – source image

Cette pierre se trouve sur l’île au Sud de Nouvelle-Zélande, dans les zones isolées de Te Wai Pounamu, littéralement « les eaux de la pierre verte. » Cet endroit est précieusement gardé par la tribu Ngai Tahu.

Une pierre sacrée synonyme de beauté et de résistance car d’une puissante solidité. Également pierre protectrice, elle apporte fertilité et bienveillance à ceux qui la porte.

… Les Maori…

Cette pierre fait partie intégrante de la culture maori, symbole de pouvoir, d’autorité et de prestige. Elle est aujourd’hui source de fierté de tout un peuple et par extension d’une nation, la Nouvelle-Zélande.
Ainsi le pounamu reflète l’identité des Maori.

Du pounamu sont produits différents objets (bijoux et armes). Notamment les hei tiki, pendentifs anthropomorphes, des herminettes et des mere (armes à manche court).

Ces objets chargés d’une puissance appelée le mana, véhicule la force transmise par les Dieux aux hommes. Mais également le mana de celui qui a crée l’objet et de tous ceux qui le porteront.

Mais le pounamu c’est aussi une pierre enveloppée d’une part de mystère, un mystère prenant place dans une légende… Celle de Poutini & Waitaiki.

légende de Poutini et Waitaiki – source image

La légende de Poutini & Waitaiki

Nous avons Poutini, le gardien du pounamu. C’est un taniwha, une créature surnaturelle qui vit dans la mer et ressemble à une sorte de dragon.
Et Waitaiki, une très belle femme mariée à Tamaahura.

La légende nous narre qu’un jour, la belle Waitaiki se baignait dans l’océan quand Poutini la surpris. Celui-ci tomba sous son charme et l’enleva.
Dès que Tamaahura s’aperçut de la disparition de sa femme, il se mit à sa recherche, mais le taniwha se sachant poursuivi, s’enfuit sur l’île du Sud.
Poutini prenait soin de la belle Waitaiki, lui allumant des feux afin de la réchauffer la nuit.

Tamaahura parvient à retrouver Poutini grâce à sa flèche magique, lui indiquant la direction à prendre. Mais à chaque fois il arrivait trop tard… feu éteint et plusieurs pierres vertes étaient sa seule « récompense ».
De son côté Poutini, sentant la persévérance à tout épreuve de Tamaahura dans sa quête, décida de transformer Waitaiki en pounamu. Ainsi il n’aurait pas à se séparer d’elle.

La légende s’achève ainsi, depuis l’on raconte que Poutini nage dans l’océan, arpentant toute la côte d’ouest de l’île du Sud, protégeant les hommes et l’esprit du pounamu.

Clin d’oeil

Cette pierre m’a fait penser au cœur de Te Fiti, déesse des Océans dans le dessin animé Vaiana : La Légende du bout du monde de Disney.
En effet, cette pierre verte ressemblerait étrangement à du pounamu.

cœur de Te Tifi – source image

Le mot de la fin

Une exposition enrichissante mais assez courte, sur cette culture du bout du monde trop souvent assimilée au haka des All Blacks et des tatouages devenus une mode leurs ôtant toutes valeurs…

Je m’attendais à plus de mystère, plus de magie… Car finalement entre les hei tiki d’un côté et les mere de l’autre, voilà c’est fini.

Cependant pour les curieux et amoureux des pierres, je vous recommande cette exposition. Vous pouvez encore en profiter jusqu’au 1er octobre, après il sera trop tard !

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