Discours sur le bonheur – Madame du Châtelet

À l’heure où le développement personnel est en plein essor, découvrez déjà comment au XVIIIe siècle Madame du Châtelet nous résume en toute simplicité l’art de vivre pour être soi-même. À travers Discours sur le bonheur, suivez avec légèreté ce petit enseignement plein de bon sens !

Discours sur le bonheur, Madame du Châtelet

4e de couverture*, signée Élisabeth Badinter

Émilie du Châtelet (1706-1749) a écrit ce beau texte pour vider son cœur, hors de tout souci de publication, autrement dit sans autocensure. Forte d’une expérience intellectuelle, dont peu de ses contemporains peuvent se targuer, Madame du Châtelet trace le bilan de ses ambitions personnelles, de ses amours avec Voltaire et de de ses espérances, pour tenter de répondre à la question qui hante son époque : comment être heureux sur cette terre, et plus particulièrement comment l’être lorsqu’on est une femme qui, même exceptionnelle, se voit interdire la plupart des ambitions et des gloires permises aux hommes ? Comment l’être enfin lorsqu’on est une amoureuse passionnée, exclusive et tyrannique ?

 

Un texte publié à titre posthume en 1779, à travers lequel Madame du Châtelet tisse ses réflexion sur le bonheur. Elle y livre sa définition du bonheur.

Liberté/indépendance, l’amour et les passions, les clés du bonheur

“…car qui dit sage dit heureux, du moins dans mon dictionnaire ; il faut avoir des passions pour être heureux ; il faut les faire servir à notre bonheur (…) ce n’est pas parce que l’ambition désire toujours, car c’est assurément un grand bien, mais c’est que de toutes les passions c’est celle qui met le plus notre bonheur dans la dépendance des autres ; {or moins notre bonheur dépend des autres} et plus il nous est aisé d’être heureux.”

“Par cette raison d’indépendance, l’amour de l’étude est de toutes les passions celle qui contribue le plus à notre bonheur. Dans l’amour de l’étude se trouve renfermée une passion dont une âme élevée n’est jamais entièrement exempte.”

“L’expérience doit du moins nous apprendre à compter avec nous-mêmes, et à faire servir nos passions à notre bonheur. On peut prendre sur soi jusqu’à un certain point ; nous ne pouvons pas tout, sans doute, mais nous pouvons beaucoup ; et j’avance, sans crainte de me tromper, qu’il n’y a point de passion qu’on ne puisse surmonter, quand on s’est bien convaincu qu’elle ne peut servir qu’à notre malheur.”

“Il faut tâcher de faire pénétrer le plaisir par toutes les portes qui l’introduisent jusqu’à notre âme.”

Madame du Châtelet

Le bonheur en conclusion…

“Enfin, songeons à cultiver le goût de l’étude, ce goût qui ne fait dépendre notre bonheur que de nous-même. Préservons-nous de l’ambition, et surtout sachons bien ce que nous voulons prendre pour passer notre vie, et tâchons de la semer de fleurs.”

*Extraits Discours sur le bonheur, éditions Payot & Rivages, format Rivages poche, Petite Bibliothèque, 1997.

Laisser un commentaire