Coco… Pixar, la mort et nous !

Coco, le dernier film d’animation Pixar (en salle le 29 novembre 2017), nous entraîne dans un voyage au cœur de la mort.
Une réalisation à la fois pleine d’humour et d’émotions.

Coco, synopsis

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.
Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…
Allociné

Réflexion autour de Coco

Coco se présente comme un film philosophique et initiatique abordant les thèmes de la mort et de la famille.

La mort, n’est pas ce que l’on croit !

La mort, « ce concept » un peu obscur et abstrait quand on est enfant. Et souvent synonyme de tristesse, de douleur et souffrance pour les adultes. Bloqué sur la perte d’un être cher, une étape difficile à surmonter chez beaucoup de personnes.

En occident, principalement dans notre culture, l’on observe que la mort est un grand tabou qui constitue notre société.
Soit l’on n’en parle pas, soit quand elle est mentionnée c’est toujours sur un ton solennel et de « alala mais il est moooort ! ».

Ici, Pixar retranscrit une lecture de la mort haute en couleur en mettant à l’honneur El dia de los Muertos. Le traditionnel Jour des Morts célébré au Mexique.

source pixabay

La mort n’est pas une fin…

… Rien à voir avec le fameux roman d’Agatha Christie !
Cela ouvre sur une nouvelle perspective, celle d’une vie après la mort.

Concevoir la mort d’une autre manière que la notre. Danse, musique, nourriture à profusion et festival de couleurs en l’hommage des morts. L’abondance de la Vie pour célébrer la Mort. Pixar offre une vision qui se veut rassurante pour l’enfant.

L’enfant qui, entre 5 à 9 ans, va découvrir et expérimenter ce que signifie la mort.
Bien souvent confronter à la disparition de papi et mamie ou même d’un petit animal de compagnie… À qui l’on dira qu’il est « parti ».

Pourquoi ce mensonge, cette esquive de la réalité ? Peut-être parce qu’elle renvoie aux propres peurs de l’adulte ? Parce que la vision de la mort est finalement aussi abstraite pour lui que pour l’enfant dans d’autres registres.
Un peu comme si personne n’était au clair avec la Mort.
Celle que tout le monde craint et redoute, celle qui terrifie mais qui peut aussi fasciner. Celle qui renvoie à l’inconnu, à un lâcher prise, à un après que la plupart du temps on ne parvient guère à expliquer.

Ainsi l’enfant découvre que dans d’autres cultures la mort fait partie du quotidien et qu’elle est même célébrée de manière festive. Rien à voir avec la fête des morts à la française. Où chacun tire des têtes de 10 pieds de long en restant bloqué sur une triste nostalgie.

Quand on regarde de plus près, pourquoi tant de peine ? C’est une manière égoïste qui soulève la question de l’abandon et du manque. Deux questions qui nous montrent bien que nous vivons coupés de nous-mêmes et ne comprenons pas ce qu’est le véritable amour. 
Enfin je ne vais pas développer plus, revenons à nos moutons !

Coco, de la philosophie à l’initiation

Comme je le disais dans l’introduction de cet article, l’on retrouve un passage initiatique.
Miguel, 12 ans, se voit confronter à un dilemme : entre exprimer sa personnalité au travers de sa passion (la musique) et le « respect des traditions familiales ».

source image

Sa quête va l’aider à construire son identité et prendre sa place au sein de sa famille. Construire, je dirai même déconstruire pour reconstruire. Ce qu’il va vivre et apprendre va l’amener à caser les codes et croyances qui l’avaient jusqu’à maintenant construit.

Le passage de Miguel au Pays des Morts renvoie fortement à la célèbre descente aux Enfers présente dans beaucoup de récits mythologiques.

Comme dans tout récit initiatique, Miguel n’est pas seul pour acheminer sa quête. Son guide est un chien nommé Dante (prononcez Danté). 
Noter le double clin d’œil fait avec le guide :
> le nom du chien, Dante auteur de la Divine Comédie, poème composé de trois cantiches Enfer, Purgatoire et Paradis.
> le choix de l’animal : le chien errant qui renvoie au Dieu égyptien Anubis, maître de l’embaumement, il accompagne les défunts dans l’au-delà.

 « Connais-toi toi-même »

Une quête d’identité qui se caractérise par les points suivants :
> retrouver ses racines
> rétablir la Vérité
> savoir d’où l’on vient pour aller de l’avant

Et comme tout récit initiatique, quand tout espoir se meurt, Miguel va devoir faire preuve de ténacité et se dépasser lui-même pour se transcender en faisant appel à ses qualités.

Conclusion

Voilà pour cette analyse assez sommaire car l’on pourrait aller plus loin dans la décortication de Coco.

Coco, un film d’animation riche en messages et allégories qui offre plusieurs niveaux de lecture. Petits et grands sont amenés à réfléchir sur cette approche de la mort proposée par Pixar.
C’est un appel à ne pas rester figer dans nos croyances qui nous formatent. Nous gagnons en ouverture d’esprit quand nous osons aller confronter ce qu’il se passe hors de nos sentiers battus.

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